Exposition ''Paradis Perdu'' au Centre d'art Diane-Dufresne

Exposition du 25 février au 29 septembre 2024 au Centre d'art Diane-Dufresne

https://repentigny.ca/evenement/paradis-perdu

La toute première exposition solo de l’artiste qui emploie la peinture pour glorifier les figures multiples de la femme. À travers des représentations baroques et chaotiques, des images bouillonnantes de vérité et de splendeur, ses œuvres colorées et féministes nous offrent un regard universel sur la vie, le deuil, mais surtout l’amour

Paradis perdu est le fruit d’un long processus créatif désordonné en apparence, mais qui semblait déjà inscrit dans mon esprit depuis longtemps. Quand j’ai commencé à peindre d’une façon totalement spontanée et sans aucune connaissance préalable en peinture ou en dessin, j’avais dans ma tête l’entièreté de mes œuvres à venir, sans le savoir d’emblée. En rétrospective, je me rends compte qu’à chaque fois que je commençais une nouvelle œuvre, je savais exactement ce que j’allais faire en mettant le premier coup de pinceau sur le papier. Les thématiques venaient d’elles-mêmes sans aucune recherche, comme si elles attendaient seulement de sortir de ma tête. La création est devenue dans ma vie le seul moment où je ne devais pas prévoir, calculer et réfléchir, car je suis quelqu’un de sur-organisée presque pathologiquement je dirais . Tout était spontané, facile et évident et c’était les seuls moments où je me sens réellement libre et flottante. C’était comme si un film jouait dans ma tête et que je devais le transcrire en peinture. Au début, c’était très envahissant, mais positivement envahissant. Je voyais presque les images danser devant mes yeux et je devais impérativement commencer une peinture avant que l’image disparaisse. Puis petit à petit, au fur et à mesure que je couchais cela sur papier, l’urgence disparaissais lentement. J’ai beaucoup de difficulté à me rappeler comment je vivais avant que la peinture n’entre dans ma vie. J’ai toujours été attirée par l’écriture comme moyen d’expression, mais écrire était un processus toujours douloureux et frustrant pour moi, je n’arrivais pas à exprimer ce que je voulais. Les mots me semblaient toujours fades (mais probablement était-ce plus ma maîtrise des mots qui étaient inadéquate) comparé à ce que j’essayais de crier. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai tout de suite su que c’était exactement cela que je cherchais depuis toujours, c’était maintenant que débutait une nouvelle vie, une vie remplie de couleurs, une vie où je n’avais plus besoin des mots pour m’exprimer. Quel soulagement! Je ne sais pas pourquoi j’ai eu cette immense chance de découvrir un jour par hasard que j’avais une passion, mais je sais aussi que sans cette passion dévorante pour mes pinceaux, je ne serai pas la même aujourd’hui. J’imagine que c’est de l’ordre de la spiritualité, même si je n’y crois pas vraiment! 

Catherine Hélie-Harvey